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Six choses à savoir sur le coton, la matière naturelle la plus utilisée au monde

5 août 2026
Six choses à savoir sur le coton, la matière naturelle la plus utilisée au monde

Le coton, on le connaît tous. Doux, confortable, il accompagne nos vies : du body pour enfant au t-shirt de tous les jours, en passant par la paire de chaussettes et la serviette de bain.

1. Le coton est la fibre naturelle la plus utilisée au monde

Le coton est une matière naturelle d’origine végétale. Il s’agit du duvet blanc qui entoure les graines du cotonnier, un petit arbuste cultivé dans les régions chaudes du monde.

Doux et agréable à porter, il est très utilisé pour le linge de maison et les vêtements du quotidien.

Le coton est la fibre naturelle la plus utilisée pour l'habillement.

Les premières traces de l’utilisation de fil de coton remontent à 5.000 ans avant notre ère, en Inde et au Pakistan. Le coton a traversé les âges et les civilisations jusqu’à devenir la fibre la plus utilisée au monde à partir du XIXe siècle, grâce aux progrès industriels et agricoles.

Même s’il reste un incontournable de nos garde-robes, il est détrôné par le polyester à la fin des années 2000. Selon l'ONG Textile Exchange, en 2024, le polyester représentait environ 59 % de la production mondiale de fibres, contre 19 % pour le coton.

Avec 25,6 millions de tonnes produites en 2025, le coton reste néanmoins la fibre naturelle la plus produite au monde.

2. Le coton ne pousse pas en France … ou presque !

Le coton aime le soleil. Pour pousser, il a besoin de chaleur et d’un climat suffisamment humide. Le gel, en revanche, est son grand ennemi. La température du sol ne doit pas descendre en dessous de 15 degrés.

C’est pourquoi sa culture se concentre principalement dans les régions chaudes du monde. Aujourd’hui, le coton est cultivé dans plus de 50 pays, mais la production mondiale est largement dominée par quatre grands producteurs : la Chine, l’Inde, les États-Unis et le Brésil, selon le Comité Consultatif International du Coton (ICAC). A eux quatre, ils fabriquent les ¾ de la production mondiale !

Un champ de coton aux Etats-Unis

Et qu’en est-il de la France ?

Eh bien le climat n’y est pas adapté pour la culture du coton. Enfin, il y a eu une exception. En 2023, la marque 1083 a produit 1000 jeans fabriqués avec 50% de coton recyclé et …50% de coton français !

Environ 1,8 tonne de matière avait été récoltée dans la Drôme et le Gers. “L’empreinte écologique de ces jeans est très faible, explique Thomas Huriez, fondateur de la marque. On a divisé par trois l’impact carbone et par 20 la consommation d’eau, c’est extraordinaire”.

Des jeans en coton

Malheureusement, l'expérience n'a pas pu être renouvelée en 2024 à cause de mauvaises conditions météorologiques puis en 2025 en raison de problèmes liés aux parasites.

Les marques et manufactures éthiques tentent de produire toujours le plus proche possible. Mais certaines mettent en garde : produire localement n'est pas toujours synonyme de produire de manière plus écologique.

Le lieu de culture compte, bien sûr, mais les conditions dans lesquelles la plante pousse comptent tout autant, comme l’explique Karine Renouil-Tiberghien, dirigeante des Manufacture des Tricots qui fabrique nos pulls, écharpes et bonnets Valeur Ajoutée : “Par exemple, la Grèce produit du coton. Ça pourrait être intéressant : la Grèce c’est moins loin que l’Inde ou les Etats-Unis et leur coton est très beau. Mais le problème, c’est qu’il ne pleut pas assez. Donc il faut arroser, et ça risque de vider leurs nappes phréatiques. Ce n’est pas forcément plus écologique.”

3.La culture du coton consomme beaucoup d’eau

Même si le coton est une fibre naturelle, cela ne veut pas dire qu’il est sans impact sur l’environnement.

Comme pour toutes les matières agricoles, tout dépend de la manière dont elle est cultivée et transformée.

La culture du coton a besoin de beaucoup d'eau, plus que le riz ou le soja. Il faut 10 000 litres d'eau pour produire un kilo de coton, soit l'équivalent d'environ 70 douches pour un t-shirt. Ce chiffre varie beaucoup en fonction des régions de production, des méthodes agricoles, des années, de s’il a beaucoup plu ou non.

La transformation textile demande également beaucoup d’eau, notamment les étapes où l’on traite le tissu pour améliorer l’aspect et la texture du coton, l’adoucir et le blanchir.

L'ennoblissement du coton consomme beaucoup d'eau.

C'est pourquoi, lorsque l'on s'intéresse à l'impact d'un vêtement, il vaut mieux regarder l'ensemble de son parcours, de la culture de la fibre jusqu'à sa fabrication.

4.Les pesticides sont très utilisées dans la culture du coton

Très souvent, la culture du coton nécessite l'utilisation de pesticides pour lutter contre les insectes ravageurs et protéger les récoltes.

Un drone diffuse des pesticides.

Selon un rapport publié par la Transformers Foundation, basé sur des données de 2019, le coton représentait environ 4,7 % des ventes mondiales de pesticides. Là encore, l'utilisation des pesticides dépend des réalités locales dans les différentes régions de production. Certaines pratiques agricoles permettent aujourd'hui de réduire leur utilisation, l'agriculture biologique ou certaines variétés de coton génétiquement modifié.

5.Le coton génétiquement modifié, sujet à débat

Justement, pour réduire l’usage des pesticides, il existe depuis les années 90 du coton génétiquement modifié. Il représente aujourd’hui 80% du coton cultivé dans le monde.

Le plus répandu est le coton Bt, une variété à laquelle on a introduit un gène provenant d'une bactérie naturellement présente dans les sols, Bacillus thuringiensis. Cette modification permet à la plante de produire une protéine qui agit comme un insecticide naturel contre certains ravageurs, notamment certaines chenilles qui s'attaquent aux capsules du cotonnier.

Un gros plan d'une capsule de coton.

Le résultat est probant : cela a permis par exemple à l’Australie de baisser de 97% son usage d’insecticide.

Mais, des études récentes remettent en question son efficacité sur le long terme. Par exemple, une étude scientifique menée en Inde explique qu’au fil du temps, certains insectes peuvent développer des résistances aux protéines Bt. D'autres ravageurs, qui ne sont pas ciblés par cette technologie, prolifèrent. Résultat : les agriculteurs sont plus dépendants des pesticides aujourd’hui qu’avant l’introduction du coton Bt.

6. Programmes, labels, coton bio et recyclé : des solutions pour mieux choisir son coton

Toutes ces informations peuvent être un peu désespérantes. Mais la bonne nouvelle, c’est que certains luttent pour faire changer les choses.

D’abord, il existe un nombre toujours plus grandissant de programmes garantissant une culture du coton plus vertueuse, plus économe en eau, moins agressives pour les sols, garantissant des pesticides moins nocifs et des protections sociales plus importantes pour les agriculteurs.

Culture du coton encadrée

En 2024, 34% du coton produit mondialement appartenait à un de ces programmes, et ce chiffre augmente chaque année. Les plus connus sont Better Cotton, Regenagri et Cotton Made in Africa.

Ensuite, il existe du coton biologique certifié ! Même si pour le moment, sa production reste minime (1,4% de la production mondiale de coton), elle augmente progressivement. Le coton bio est cultivé sans pesticides ni engrais de synthèse et les OGM sont interdits.

Pour protéger leurs cultures, les agriculteurs privilégient d'autres méthodes, comme la rotation des cultures, le désherbage mécanique ou la lutte biologique contre les ravageurs. Toutes ces initiatives limitent la pollution des sols et l'exposition des agriculteurs aux produits chimiques. En fonction des régions, l’agriculture bio permet aussi d’utiliser moins d’eau. Plusieurs labels garantissent un coton certifié bio. Les plus connus sont GOTS et OCS.

Du coton

Enfin, une autre piste intéressante est le coton recyclé. Pour le moment, sa production est insignifiante : 300.000 tonnes/an dans le monde. Mais, cela pourrait être prometteur : les usines qui fabriquent le tissu ou le fil de coton produisent énormément de chutes qui pour le moment sont incinérés pour créer de l’énergie, mais elles pourraient être utilisées, cela serait une grande opportunité économique et de création d’emploi.

Pour conclure, le coton comme toute autre matière n’est pas un textile parfait. Chez Valeur Ajoutée, nous pensons que le mieux à faire est de vous donner les clés de compréhension en toute transparence pour vous encourager à des pratiques plus vertueuses.